Ces fameuses expressions : « Avoir le cafard »


Avoir le cafard signifie avoir les idées noires. Souffrant d’une mauvaise réputation, cette petite bête est tout autant détestée dans les maisons qu’elle envahit que dans nos pensées. Mais quel rapport entre le plus mal-aimé des insectes et le fait d’être déprimé ?

Pour comprendre l’origine de cette expression, il faut s’intéresser de plus près aux évolutions du mot « cafard ». Dérivé de l’arabe kafir, il apparait pour la première fois dans le dictionnaire du XVIe siècle pour désigner un mécréant fourbe, sans foi ni moralité.

Pas de foi, pas de morale… Dans l’imaginaire collectif, les personnes affichant cette absence de valeurs sont réputées pour œuvrer de manière sournoise. On les imagine cherchant à se fondre dans l’obscurité grâce à de sombres vêtements, en cachant ainsi leur malveillance.

Il n’en fallait pas plus pour faire le lien entre ces blattes, amatrices des recoins les plus noirs des maisons, et ces faux dévots. Le verbe « cafarder » ne fera qu’amplifier l’aspect négatif du terme, renforçant également son lien avec une certaine hypocrisie.

Il faudra pourtant attendre 1857 pour voir le cafard devenir un symbole de tristesse. Le poète Charles Baudelaire l’aurait introduit dans son recueil des Fleurs du mal, en même temps que son célèbre spleen.

La langue française aime décidément s’amuser au détriment des insectes. Le cafard, aussi petit soit-il, se voit contraint de porter le fardeau de la tristesse. Heureusement qu’il peut compter sur l’aide du bourdon pour se sentir un peu moins seul…


7 réponses à Ces fameuses expressions : « Avoir le cafard »

  1. Charlotte dit :

    Bonjour,

    Au cours de mes études dans le secteur administratif, j’ai beaucoup apprécié vos entrainement. À présent, j’apprécie votre blog mais ce qui est dommage, c’est de ne pouvoir s’inscrire à une newletter.

    Bonne continuation 🙂

  2. Chambaron dit :

    Cela mérite une citation, à l’ordre de la Littérature:
    « Parfois il prend, sachant mon grand amour de l’Art,
    La forme de la plus séduisante des femmes,
    Et, sous de spécieux prétextes de cafard,
    Accoutume ma lèvre à des philtres infâmes. »
    (Les Fleurs du mal, poème La Destruction – page 196)
    Ainsi que repris dans les traductions anglaises , il semble qu’il s’agit plus de l’acception d’hypocrite (le « il » désigne le Démon) que de celle d’idée noire. Mais les voies de l’étymologie sont impénétrables…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *