Embouteillage, bouchon, goulot : l’origine de ces mots détestés par les automobilistes


Flash infos : « La caravane se détache : 12 km d’embouteillages », « Trafic : 570 km de bouchons cumulés à la mi-journée », « Un tunnel pourrait un jour soulager le goulot d’étranglement de l’autoroute A2 ».

C’est officiel ! Les juillettistes se sont élancés sur « l’autoroute des vacances » pendant que les aoûtiens rongent leur frein. Patience ! En attendant le traditionnel chassé-croisé de la fin du mois, intéressons-nous à ce vocabulaire étonnant. Embouteillage, bouchon, goulot d’étranglement, d’où viennent ces métaphores portées sur la bouteille ?

À l’origine, l’embouteillage est la mise en bouteille, d’un vin notamment. Mais puisqu’il faut choisir entre boire ou conduire, on se demande bien comment le mot a fini par désigner une obstruction de la circulation !

Pour comprendre, il suffit d’envoyer la bouteille… à la mer. En effet, c’est dans la marine, au début du XXe siècle, que le verbe « embouteiller » prend le sens figuré de « enfermer dans une impasse ». On « embouteillait » donc une flotte ennemie. Avec l’arrivée de l’automobile, l’expression est naturellement passée du pompon au goudron !

Plus récemment est apparu le dérivé « désembouteiller » qui ne signifie pas que l’on retire un liquide de sa bouteille mais bien que l’on fait cesser un embouteillage. Il est synonyme de « décongestionner » ou de « désencombrer ».

L’emploi figuré de bouchon est plus tardif. Nous parlons bien du bouchon qui pénètre dans le goulot d’une bouteille, d’un flacon ou d’une carafe, et non de la capsule ! Eh bien, il faut attendre les années 1950 pour que ce dispositif, pourtant si pratique, devienne « un ensemble de véhicules engorgeant la circulation ».

Comment en est-on arrivé là ? Facile, le bouchon, qui bouche la bouteille, a fini par désigner tout ce qui bouche accidentellement un conduit.

Vous remarquerez, au passage, que les embouteillages et les bouchons entrent dans des expressions caractérisant un « piège » : on est « pris » dans les bouchons, on « tombe » ou on est « coincé » dans les embouteillages. Au secours ! Pour édulcorer cette dure réalité, l’euphémisme « ralentissement » est fréquemment utilisé, quand bien même votre véhicule serait totalement immobilisé !

Dernière métaphore, celle du goulot d’étranglement. Avant, on parlait plutôt de « goulet » pour qualifier le cou d’une bouteille. Par extension, le goulot d’étranglement a d’abord désigné un passage délicat (terrain, route, couloir montagneux) puis un ensemble d’obstacles difficiles à surmonter, qui retarde un processus ou limite une évolution. Sur la route, le goulot d’étranglement est causé par un rétrécissement des voies, lui-même dû à des travaux, une des principales causes de bouchons !

Pour conclure sur une note positive, rappelons que Vanessa Paradis a tenté de rendre les embouteillages sexy en chantant « Joe le taxi, c’est sa vie, le rhum au mambo, embouteillage ». Mais c’est peut-être pousser le bouchon un peu loin…

Sandrine Campese


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