L’origine de ces fameuses expressions : « Servir de bouc émissaire »


bouc émissaireLe bouc émissaire est la personne à qui l’on attribue injustement la responsabilité d’une faute collective. Mais pourquoi dit-on un « bouc » émissaire ?

Quelle est donc la mission d’un tel bouc ? C’est dans la Bible que se trouve l’origine de cette dénomination animale. Car le rôle de ce bouc émissaire est l’expiation.

Il faut rappeler que, dans les religions juive et chrétienne, l’expiation est une doctrine qui décrit le pardon divin des péchés, des transgressions commises par l’homme. Cette expiation se traduit par un châtiment, subi afin de se faire pardonner ses fautes.

C’est pour laver les péchés d’Israël qu’un grand prêtre mit justement en place un rite d’expiation à l’aide d’un bouc domestique. Le rite consistait pour ce grand prêtre à tirer au sort le bouc, puis à le charger des fautes de l’assemblée d’Israël en posant ses mains sur la tête de l’animal. Celui-ci était ensuite sacrifié en étant chassé dans le désert d’Azazel, emportant avec lui les péchés des enfants d’Israël.

Azazel était en fait un antique démon, ange déchu qui fut accusé d’avoir perverti les hommes, comme le raconte le livre d’Énoch : « À l’origine, Azazel apprit aux hommes à fabriquer des épées, des armes, des boucliers, des cuirasses. […] Il en résulta une grande impiété. Les hommes se débauchèrent, s’égarèrent et se perdirent dans toutes les voies. » Les anciens Hébreux croyaient qu’Azazel vivait dans le désert. Ainsi le bouc porteur des péchés du peuple d’Israël était-il envoyé comme émissaire à la rencontre du démon.

Ce rituel a donné son nom au phénomène du bouc émissaire, observé dans les groupes d’individus. Une pratique dont ont su tirer profit les sociétés pour rétablir l’ordre au cours du temps : la désignation d’un coupable a toujours soulagé les peuples. Georges Clemenceau s’appuie d’ailleurs sur ce phénomène pour décrire l’affaire Dreyfus : « Tel est le rôle historique de l’affaire Dreyfus. Sur ce bouc émissaire du judaïsme, tous les crimes anciens se trouvent représentativement accumulés. »

Le terme de bouc émissaire s’est popularisé et a fait son entrée dans le dictionnaire de Furetière vers la fin du XVIIe siècle.

 


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