Ces fautes qui vous font faire des cauchemars


peurÀ l’occasion de la fête d’Halloween, nous avions demandé aux fans de la page Facebook du Projet Voltaire quelle était la faute de français qui leur faisait dresser les cheveux sur la tête (ou au moins les poils sur les bras). La plupart des très nombreuses réponses que nous avons reçues sont communes. Voici donc, en exclusivité, le classement des fautes les plus effrayantes. Âmes sensibles, s’abstenir !

1 – Ils croivent

Que ce soit à l’indicatif ou au subjonctif présents, le verbe croire conjugué à la troisième personne du pluriel donne « croient ».

2 – Comme même

Une déformation fréquente de la locution adverbiale « quand même » qui est dénuée de sens ! Comble de l’abomination, elle a sa page sur le wiktionnaire. Quand même !

3 – Au jour d’aujourd’hui

C’est le pléonasme qui vous agace le plus et pour cause, il est double ! Littéralement, au jour d’aujourd’hui signifie « au jour du jour de ce jour ». À vos souhaits !

4 – Sa va ?

Le langage phonétique hérité des SMS n’a vraiment pas la cote chez les amoureux de la langue française. « Ça va ? » orthographiée « Sa va ? » risque fort de rester sans réponse…

5 – La robe à ma sœur

Dans le langage soigné, seule la préposition « de » indique l’appartenance : « la robe de ma sœur ». Tout aussi horrifiant : « aller au coiffeur » au lieu de « chez le coiffeur » !

6 – Aller en vélo

Encore une histoire de préposition qui tourne mal ! On emploie « à » lorsqu’on est à l’extérieur d’un véhicule (généralement dessus), d’où « à vélo » ou, comme chantait Yves Montand, « à bicycletteeeee ».

 7 – Un espèce de

« Espèce » étant un nom féminin, il faut dire « une espèce de » comme « une sorte de ». Même si le nom qui suit est masculin : une espèce de monstre !

 8 – Si j’aurais

À moins de vous prendre pour Petit Gibus de la Guerre des boutons, souvenez-vous que « les si n’aiment pas les ré ». Il faut donc dire et écrire « si j’avais ».

9 – Bonne anniversaire

Certes, on écrit « bonne année », mais c’est parce que le nom année est féminin ! « Anniversaire » étant masculin, l’adjectif bon s’accorde avec lui, d’où « bon anniversaire ».

10 – J’aimerai

Le conditionnel est le temps du souhait et de l’incertitude. On écrira : « J’aimerais beaucoup travailler pour vous ». À l’inverse, on bannira les déclarations du type « Je serais toujours là pour toi ». Seul le futur (serai) sied à l’amour, qui n’accepte aucune condition !

11 – Malgré que

Pour exprimer la concession, on préférera la conjonction « bien que ». Et si l’on tient vraiment à utiliser « malgré », ce sera sous la forme « malgré le fait que » mais en aucun cas « malgré que ».

12 – Vingts euros, cents euros

Vingt et cent sont invariables quand ils ne sont pas multipliés. On écrit donc vingt euros, cent euros. Et on ne prononce pas vingt-z-euros ou cent-z-euros, sinon on commet un « velours » !

13 – Je vous suis / serais gré

C’est le verbe savoir qui entre dans la composition de la locution verbale « je vous sais gré » à l’indicatif et « je vous saurais gré » au conditionnel.

14 – Assis-toi !

Jadis employée par Ronsard, la forme « assis-toi » est passée dans le langage populaire. On lui préfère « assieds-toi » ou « assois-toi » !

15 – Ballade (au lieu de balade)

Une promenade est une balade, avec un seul L ! Qu’il est agréable de faire une balade en bord de mer, tout en écoutant les ballades de Chopin dans son baladeur…

Enfin, signalons que bon nombre de nos fans ont fait preuve d’humour et d’humilité en répondant que les fautes qui les effrayaient le plus étaient… les leurs !

Sandrine Campese

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Contributrice et modératrice

9 réponses à Ces fautes qui vous font faire des cauchemars

  1. Fabrice dit :

    Bonjour,
    concernant
    « 6 – Aller en vélo
    Encore une histoire de préposition qui tourne mal ! On emploie « à » lorsqu’on est à l’extérieur d’un véhicule (généralement dessus), d’où « à vélo » ou, comme chantait Yves Montand, « à bicycletteeeee ». »

    Je suis surpris de cette affirmation, le Trésor de la langue française et Le bon usage sont moins catégoriques et y voient ce qui me semble être davantage un phénomène d’hypercorrection.
    De plus l’argument selon lequel si on est à l’extérieur du véhicule il faut utiliser «à» ne fonctionne pas avec traineau, luge, tandem, patins à roulette…

    • Sandrine dit :

      Bonsoir Fabrice, il est vrai qu’un autre usage consiste à opposer les inanimés (en métro, en vélo, en bicyclette) et les animés (à cheval, à pied, à quatre pattes…). Pas facile de s’y retrouver !

  2. Michel dit :

    A propos des verbes croire ou voir
    Pendant longtemps j’avais l’habitude de dire : il faut que je voye ça ou que tu voyes ça , au lieu de : il faut que je vois ça.
    D’où peut provenir cette habitude ?

    Autre chose :
    Mon instituteur, quand je lui ai dit que je devais aller au coiffeur, m’a vivement rectifié :
    Sache qu’on va chez le coiffeur, mais, par contre, on va au bord.. , tu comprendras mieux quand tu seras grand !

    • Sandrine dit :

      Bonjour Michel, peut-être était-ce simplement une volonté de distinguer, à l’oral, l’indicatif du subjonctif. Car on écrit « il faut que je voie ça », avec « voir » au subjonctif, et non « il faut que je vois ça », qui est à l’indicatif. Idem pour croire : « il faut que je croie ça » (et non « crois »)
      Quand à la phrase sibylline de votre instituteur, l’avez-vous finalement comprise ? 🙂

  3. Arnaud dit :

    Probablement pas la pire, mais je vois souvent des gens qui ne connaissent pas le masculin « public ». Ils écrivent donc régulièrement « le grand publique ».

  4. Cathy dit :

    Bonjour Sandrine,
    À propos de votre « faute cauchemar » n°10, je ne comprends pas très bien votre exemple, car on peut bien écrire « Je serais toujours là pour toi, si tu avais besoin de moi », n’est-ce pas ?
    De plus, le parallèle avec l’aspect romantique des sentiments me semble assez peu efficace comme moyen mnémotechnique, dans la mesure où il est difficilement adaptable à une généralité :
    « Je t’accorderais mon amitié, si je pouvais avoir confiance en toi »
    « Si tu ne m’avais pas trompée, j’aurais cru en ton amour »
    En amour comme en amitié, malheureusement, il semble que le futur soit toujours soumis à condition, ne trouvez-vous pas ?… 🙂

    • Sandrine dit :

      Bonjour Cathy, comme vous le faites si bien remarquer, il faut que la condition soit explicite pour que le conditionnel soit compris. Je reste convaincue qu’une déclaration digne de ce nom se fait au futur.
      « Je serai toujours là pour toi » sonne comme un engagement, qui sous-entend « quoi qu’il arrive ».
      En effet, je reste convaincue que le véritable amour est… inconditionnel ! ;-).

  5. Renaud dit :

    En ce qui concerne « espèce de », un point de vue consiste à remarquer qu’il est à l’oral un nom épithétique, prenant le genre du nom qu’il qualifie. De la même façon que cet autre nom qu’on retrouve dans la fameuse chanson du chanteur Renaud qui commence ainsi : « Putain c’est trop con / Ce putain d’camion ». Désolé pour le registre, mais, à ma connaissance, c’est le seul autre cas.

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